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Revivez le tchat sur l'entrepreneuriat

Publication : 21 février 2018
Vous avez un projet de création d'entreprise ? Le sujet vous intéresse et vous souhaitez en savoir plus ? Mélodie Braka, fondatrice d’une agence de communication dédiée à la gastronomie, a répondu en direct à vos questions mercredi 28 mars. Voici l'intégralité des échanges.

Mélodie Braka, fondatrice d’une agence de communication dédiée à la gastronomie, a répondu en direct à vos questions mercredi 28 mars.

Le Modérateur : Bonjour ! Nous accueillons aujourd'hui Mélodie Braka, fondatrice d’une agence de communication dédiée à la gastronomie, pour parler d'entrepreneuriat. Vous pouvez lui poser vos questions sur son parcours, son métier et les raisons pour lesquelles elle a choisi de créer sa propre entreprise.
Bon tchat !

Mélodie Braka : Bonjour à tous ! Je me tiens à votre disposition pour répondre à toutes les questions que vous vous poseriez sur la création d'entreprise et l'entrepreneuriat.

Mag12 : Quel a été votre parcours ?

Mélodie Braka : J'ai toujours su que je voulais faire de la communication, depuis le lycée. Après, je ne savais pas forcément comment y parvenir. Du coup, j'ai fait le choix d'une formation généraliste, pour avoir un maximum d'options. Je me suis dirigée vers une hypokhâgne. Au sortir de cette hypokhâgne, j'ai préparé les concours de Sciences-Po avec une prépa dédiée. En même temps, j'ai fait une 2e année de licence d'anglais.

Cette année a été assez décisive pour moi, puisque j'ai échoué Sciences-Po ET la 2e année de licence d'anglais ! Du coup, pendant l'été, je suis partie aux États-Unis pour travailler en Californie. Tous les jours, je passais sur le campus universitaire et je me suis dit que ce serait sympa d'étudier là.

Je suis rentrée en France, j'ai redoublé ma 2e année d'anglais à la fac, et j'ai préparé les dossiers pour un échange universitaire aux États-Unis, et j'ai été acceptée. Avant de partir, je me suis renseignée sur les écoles de commerce pour savoir quoi faire à mon retour. Il n'y en avait qu'une seule que je pouvais présenter sur dossier et non sur concours.

J'ai intégré l'INSEEC à Paris à mon retour, pour un MBA en marketing et communication. Pendant mon école de commerce, j'ai effectué plusieurs stages. J'ai donc travaillé en entreprise, ce qui m'a donné un premier bagage professionnel.

cahuéte : Qu'est-ce qui vous a donné envie de créer votre entreprise ? Pourquoi la gastronomie ?

Mélodie Braka : Pendant 2 ans, j'ai travaillé pour la société Reed Expositions, le leader dans l'organisation de salons professionnels, et plus particulièrement dans le domaine hôtellerie / tourisme / restauration.

Cette expérience a été très formatrice, et m'a permis de mettre un premier pied dans cet univers que je n'ai jamais quitté depuis. J'ai eu d'autres expériences, dans la presse et dans le digital, dans le même secteur (magazine professionnel et agence pour hôteliers et restaurateurs).

À la suite de toutes ces expériences, j'ai eu envie de faire les choses à ma façon, et de mettre en application toutes les connaissances acquises dans mes expériences, en utilisant le réseau que j'avais construit. Ayant toujours eu une forte personnalité, et étant très proactive, mes amis ont été les premiers à me dire que je devais monter un jour ma propre entreprise.

Damien-degeaut : Quel a été le déclencheur de votre saut vers l’entrepreneuriat et votre but majeur dans cette aventure ?

Mélodie Braka : Un des éléments-clés, c'est que, dans le métier de la pâtisserie, par exemple, je voyais des artisans de très grand talent, mais qui n'étaient pas présents sur les réseaux sociaux et n'avaient pas accès aux moyens de se faire mieux connaître. C'était en tout cas vrai il y a 5 ans. Ça l'est un peu moins maintenant.

Anne-Sophie : Bonjour. Une fois votre entreprise créée, avez-vous eu des clients tout de suite ? Sinon, comment vous êtes-vous dit de continuer, que ça allait marcher ?

Mélodie Braka : J'ai fait jouer mon réseau, car en quelques années j'avais commencé à m'en constituer un. Puis, j’y suis allée au culot ! Je rentrais dans des restaurants pour déjeuner, je laissais ma carte en suggérant au restaurateur de faire appel à mes services pour se promouvoir sur les réseaux sociaux, etc.

Ensuite, il faut y croire et s'accrocher ! L'entreprise a été créée le 13 juin 2013. En octobre, j'avais déjà 5 ou 6 clients. Aussi bien des "mastodontes" que des petites structures.

leslie : Bonjour, tant que l'entreprise ne rapporte pas d'argent, comment peut-on vivre ?

Mélodie Braka : J'ai choisi un mode et un état d'esprit de service. Dès lors que j'avais des clients, j'avais de l'argent qui rentrait. Il n'est pas dans ma personnalité de lancer quelque chose sans être sûr que ça rapporte de l'argent.

Maximesaintjeandillac : Comment rester motivé en vue d'une création d'entreprise quand on est seul. Ma motivation est en dent de scie  :-(

Mélodie Braka : Quand j'ai créé mon entreprise, j'ai fait tout de suite le choix de rejoindre un incubateur, qui s'appelait Paris Pionnières.

Depuis 2 ans, j'ai rejoint l'espace de co-working Cool & Workers. Je n'aime pas la solitude non plus ! Et je pense que l'émulation d'un groupe aide, à la fois pour la motivation et pour trouver de nouveaux clients.

Bilou : C'est quoi un incubateur ?

Mélodie Braka : Bonne question ! C'est une structure à destination des créateurs d'entreprises qui offre un accompagnement, des conseils, des ateliers, et aussi un espace de travail. Il faut postuler pour avoir la chance d'en intégrer un.

Dans certains, on peut rester un an, dans d'autres 3 ans, etc. Quand j'ai postulé il y a 5 ans, il n'y en avait que 2 sur Paris. Depuis, leur nombre a explosé.

bilou : C'est mieux qu'une pépinière d'entreprises ?

Mélodie Braka : Normalement, on commence par être dans un incubateur. La pépinière, c'est ce qui vient après, normalement, après 1 à 3 ans dans l'incubateur. La pépinière propose un autre type d'accompagnement.

camille : Quels sont les principaux problèmes que vous avez rencontrés ?

Mélodie Braka : Je pense qu'il y a un mythe autour du lancement. On s'en fait une montagne. En vrai, on a l'énergie, l'excitation, l'envie de challenge... C'est grisant, tout est nouveau et possible. Et zéro pression ! Pas de clients, pas de réputation...

Dans la communication, ma réputation, je l'ai construite pendant ces 5 ans. Maintenant, les enjeux sont différents.

INES : Bonjour, est-il facile d'entreprendre une création d'entreprise dans l'événementiel et comment faut-il s'y prendre ?

Mélodie Braka : Je ne fais pas que de l'événementiel. J'ai une agence de communication globale : je peux proposer une stratégie complète, réseaux sociaux, relations presse, cartes de visite, shootings photo ou films... Et la partie autour de l’événementiel, mais qui n'est qu'un élément parmi d'autres.

C'est souvent un service que mes clients me demandent après avoir déjà autre chose avec eux. La façon dont on envisage un événement, c'est une stratégie à part entière : il faut penser avant, pendant et après. Cela implique une multitude d'éléments.
Mon expérience sur les salons a été très importante pour moi. On mesure mieux la multitude de paramètres en jeu pour qu'un événement soit une réussite. Un salon, c'est un gros événement, quelle que soit sa taille.

Sinon, il existe beaucoup d'agences d'événementiel. Le mieux est de chercher un secteur de niche pour se différencier.

max : Est-ce votre 1re expérience de création d’entreprise ?

Mélodie Braka : Oui. On est toujours là ! ;-)

Anne-Sophie : Quels sont les critères d'admission dans un incubateur ?

Mélodie Braka : Déjà, la motivation. Il y a un dossier à remplir où l'on présente son projet. On teste votre motivation et la solidité du projet. Il faut voir loin, et essayer de se projeter, afin de répondre au mieux aux critères d'admission.

Misty : Vaut-il mieux partir sur un projet de passion ou un projet d’apparence viable économiquement ? Par exemple, si l’on prend quelqu’un de passionné par la restauration, vaut-il mieux ouvrir un restaurant (avec toutes les contraintes que cela comporte) ? Ou vaut-il mieux ouvrir une pizza ou un resto rapide ?

Mélodie Braka, fondatrice d’une agence de communication dédiée à la gastronomie, a répondu en direct à vos questions mercredi 28 mars.

Mélodie Braka : Cette question, c'est un peu le nerf de la guerre !
Évidemment, il est mieux de partir sur quelque chose de passionnant, car il faut rester motivé au quotidien, sinon les journées risquent d’être longues. Mais cette passion doit être viable économiquement parlant. Il faut mûrement réfléchir son projet et le confronter aux réalités économiques.

Bilou : Quelles sont les qualités à avoir pour créer son entreprise ? Et les défauts à "masquer" ?

Mélodie Braka : Pour avoir connu les incubateurs et les espaces de co-working, et vu pas mal de profils d'entrepreneurs, je dirais que ce qui nous lie, au-delà de nos différences, c'est notre passion et notre motivation pour nos projets.

Il y a un revers de la médaille : on vit à fond pour notre entreprise. Les émotions liées à son entreprise sont multipliées par 3 000 ! Il faut encaisser les coups et savoir remonter la pente. On vit comme sur des montagnes russes : un jour on se prend pour le roi du monde, le lendemain on perd 2 ou 3 clients...  Et on n'a personne d'autre que soi sur qui se reposer.

Ce qu'il faut savoir masquer, c'est sa vulnérabilité face aux difficultés, tant vis-à-vis des clients que des collaborateurs.

MATHeuh : À votre avis, quel est le frein principal pour s’engager ?

Mélodie Braka : Le manque de motivation. C'est un des éléments-clés : il faut être motivé pour se lancer. Le manque de confiance en soi, sans doute, mais ça n'a jamais été un problème pour moi ! Il faut aussi du sérieux. Tous les jours, on doit se remotiver, être assidu, car on n'a pas de patron pour jouer ce rôle.

Ikram : Pour devenir entrepreneur, partir dans le domaine entrepreneurial, est-ce une bonne idée de faire un bachelor Entrepreneuriat et Innovation en école de commerce, par exemple ?

Mélodie Braka : Pourquoi pas ? Pour choisir, je m'intéresserais au contenu concret du cursus. Les cours proposés vous intéressent-ils plus que ceux des autres cursus ?

citron : Comment procéder pour créer notre entreprise (boulangerie-pâtisserie, magasins, ...) ? À qui doit-on faire appel ? Comment obtenir des aides au financement ? Comment recruter, se faire connaître ? ...

Mélodie Braka : Une bonne idée est de se rapprocher de sa Chambre de commerce. Ils ont des pistes à proposer, des ateliers, etc. Ils pourront vous renseigner sur les aides, les financements... Et aussi pour le recrutement. Pour se faire connaître ? Appelez-moi !!! ;-)

drex : Beaucoup ont peur d'entreprendre. Un certain nombre essaye de créer une entreprise. Tous ne réussissent pas. 1. quelles sont les compétences qui conditionnent une réussite ? 2. Quels sont les services extérieurs dont il faut s'entourer ?

Mélodie Braka : On a déjà parlé précédemment du sujet des compétences. Pour les compétences externes : juridique et comptabilité. Ce sont des métiers à part. Il y a le dépôt des statuts, la rédaction de contrats types (conditions générales de vente, par exemple).

pop's : À quoi ressemble la journée type d’une entrepreneuse comme vous ?

Mélodie Braka : Il n'y a pas de journée type ! Il n'y a pas de routine, et c'est ce qui est génial ! Certains jours, on est au bureau, d'autres on les passe constamment en rendez-vous...

Je trouve important de se fixer un cadre, une heure de début et (idéalement) de fin de journée... Et un rythme de vie. Essayer, autant que faire se peut, de ne pas travailler le week-end... J'ai besoin d'avoir une distinction entre vie pro et perso. Sinon, au bout d'un moment, je sature. Mais je connais des gens qui prennent des rendez-vous y compris le samedi...

Toni : C'est quoi l'écueil majeur à éviter lors de la création de son entreprise ?

Mélodie Braka : Ne pas réfléchir assez au projet. Mais tout dépend du projet. En créant mon entreprise, j'avais déjà une expérience du type de services que j'allais proposer. Sans business plan solide, on peut vite glisser...

Patatou : Bonjour ! Je crois que le principal frein à entreprendre n'est pas la motivation, mais la peur de se planter, d'autant plus qu'on n'a aucune expérience dans la direction/gestion d'une entreprise individuelle. Y a-t-il éventuellement, à votre connaissance, un moyen de tester son idée, la viabilité de son activité avant de se lancer pour de bon ?

Mélodie Braka : Un mythe veut que quand on a une idée, il faut la protéger à tout prix et n'en parler à personne. Mais tout le monde n'est pas Bill Gates ! En parlant de son idée à son entourage, on voit si potentiellement, ça peut intéresser ou pas. Selon les cas, des outils existent, des sites Internet pour pré-tester une idée, avec des "beta-testeurs".

Bibliothecaire : Quels sont ces outils ?

Mélodie Braka : Il existe des sites type "créer mon entreprise" ou "je suis entrepreneur" (http ://www.jesuisentrepreneur.fr), avec des questionnaires qui permettent de formuler plus précisément son projet ou encore la plate-forme Kangae.

kiki : Avec quel statut commencer (auto-entrepreneur, entreprise individuelle, etc.) ? Avez-vous bénéficié du statut étudiant entrepreneur ? Si oui, cela vous a-t-il apporté un réel bénéfice ?

Mélodie Braka : Il faut vraiment fixer son projet. En fonction du projet, on ne prendra pas le même statut. Quand j'ai commencé à formuler mon projet, à faire quelques tableaux Excel, je suis allée voir un avocat et un comptable pour savoir quel statut serait le plus avantageux.

Le statut d'auto-entrepreneur est soumis à une limite de chiffre d'affaires.

170 000 € pour une activité de vente de marchandises, d'objets, d'aliments à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement,
- 70 000 € pour une activité de services.

Il ne permet pas non plus d'embaucher ou de faire travailler d'autres gens.

Si l'on veut créer une entreprise qui a vocation à se développer, mieux vaut choisir directement un statut de société (SA, SARL...). Il existe de nombreux sites Internet pour en savoir plus, comme http://www.afecreation.fr

do : Pensez-vous que les jeunes soient de plus en plus sensibilisés à l’entrepreneuriat ?

Mélodie Braka : On parle beaucoup plus d'entrepreneuriat que lorsque je me suis lancée il y a 5 ans. Certaines personnalités médiatiques, comme Xavier Niel, ont changé la donne. Avant, un créateur d'entreprise, pour les gens, c'était un chômeur qui faisait semblant d'avoir un travail. Maintenant, c'est un entrepreneur, et c'est "cool" !

mali : Quels sont les avantages et désavantages entre être employé par une entreprise ou travailleur autonome ?

Mélodie Braka : Quand on est employé, on a un salaire qui tombe tous les mois, on a des congés payés, un cadre de vie plus sécurisant... En revanche, en étant à son compte, on a une liberté d'action qu'il est difficile d'avoir en tant que salarié.

ChrisPM : À quel âge peut-on créer son entreprise légalement ?

Mélodie Braka : A partir de 16 ans. Voir http ://www.service-public.fr Rubrique "Professionnels"

Ikram : Avez-vous des livres à nous conseiller pour se lancer dans l'entrepreneuriat ?

Mélodie Braka : Je vous recommande "L'art de se lancer" de Guy Kawasaki. J'ai adoré ce livre ! De vrais bons conseils qui motivent pour se lancer, de quelqu'un qui a créé plusieurs entreprises et a travaillé dans la Silicon Valley. Grisant de lire ça en phase de création !

chatia : Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui souhaite créer une entreprise ?

Mélodie Braka : Croire en soi, se dépasser au quotidien, être ouvert sur le monde à tous les niveaux, être curieux... On n'est pas un entrepreneur en restant dans sa zone de confort. Il ne faut pas avoir peur d'y aller !

Gervy : Que signifie ENTREPRENEUR INDIVIDUEL À RESPONSABILITÉ LIMITÉE (EIRL)

Mélodie Braka : Pour tout ce qui est statut juridique, il existe beaucoup de sites spécialisés très bien faits.

friscote : Le site de l'afe est bien mais il est très compliqué. Est-ce que vous pourriez nous en recommander un qui soit plus pour les jeunes ?

Mélodie Braka : http://www.jesuisentrepreneur.fr par exemple ou la plate-forme Kangae qui met à la disposition des 15-25 ans l'ensemble des ressources nécessaires pour les sensibiliser à l'esprit d'entreprendre et les accompagner dans leurs démarches entrepreneuriales, associatives ou de micro-projets éducatifs. 

Le Modérateur : Nous allons conclure. Mélodie, le mot de la fin ?

Mélodie Braka : Plutôt un "mot de la faim" : mangez bien ! ;-)
Bonne journée à tous, et merci de toutes vos questions !
N'hésitez pas à nous suivre sur Instagram : @Action_gourmande !

ChrisPM : Merci Madame Braka.

Le Modérateur : Merci à toutes et à tous de votre participation.
Merci à Mélodie de tous ses conseils.

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