Onisep.fr, l'info nationale et régionale sur les métiers et les formations
Accueil Occitanie Toulouse Se former dans ma région S'informer sur l'enseignement supérieur

Heidi, 21 ans, apprentie en 2ème année en école d’ingénieurs

Midi-Pyrénées - Toulouse / Publication : 26 septembre 2018
"Je ne pouvais pas rester assise pendant 3 ans sur ma chaise, c’était pas possible. Il fallait que je fasse quelque chose, que je me remotive. Parce que ce que je fais là va être utile à des gens, ils vont s’en servir. Ça c’est chouette."

Heidi Kremer article

Votre portrait…

Je m’appelle Heidi Kremer, j’ai 21 ans[1], je viens de passer en 2ème année en école d’ingénieurs, en apprentissage. J’ai fait un bac SSI[2] et ensuite un BTS aéronautique. Pour consolider mes connaissances en  maths et en physique pour rentrer en école d’ingénieurs, j’ai fait une année de classe préparatoire. Et après, à côté, comme passions, je fais beaucoup de gym, depuis une quinzaine d’années. Et je vole aussi en aéroclub. Je fais des cours de pilotage pour passer ma licence de pilote privé. J’aime l’aéronautique, les avions. Ça me passionne depuis longtemps et moi ce qui m’intéressait surtout c’était l’exploitation, c’est-à-dire ce qui se passait une fois que les avions étaient construits. Et l’ENAC c’était l’école parfaite pour étudier justement ce qui se passait au niveau de l’exploitation de ces avions-là.

[1] Heidi est passée du CE1 au CM1 directement car elle avait le niveau suffisant.

[2] Baccalauréat Scientifique Sciences de l’Ingénieur

 

Du lycée et de l’aéroclub au BTS aéronautique

Quel était votre niveau au lycée ?

Ah très mauvais, j’ai détesté l’école ! Ah oui, ça oui ! Tout ce qui était collège, lycée. Au collège j’avais des bonnes notes parce que je n’avais pas grand-chose à faire que travailler. Après au lycée ça devenait compliqué. J’ai eu mon bac avec 10.4 ou quelque chose comme ça, au ras des pâquerettes. Et quand je suis rentrée dans le BTS aéronautique, mes notes ont décollé, c’est vraiment ce que j’aimais faire, c’était des cours qui me passionnaient. J’ai eu mon BTS avec 16 de moyenne, tout de suite. L’école non j’étais au ras des pâquerettes et j’ai eu mon bac parce qu’il fallait le passer. Après j’ai fait un an de prépa mais mes notes ont progressé même si cela ressemblait un peu à l’école. Car je savais que c’était un an et qu’après grâce à cette prépa j’avais de meilleures chances pour accéder à l’école que je voulais vraiment. C’était juste un an, je ne vais pas dire où l’on souffre mais il fallait travailler vraiment dur et on savait qu’à la fin de cette année, on aurait un meilleur niveau dans les matières scientifiques, comme les maths, la physique, science de l’ingénieur ou même l’anglais qui nous permettaient d’avoir déjà de bon acquis et donc un bon dossier pour avoir l’école que l’on voulait.

Qu’est-ce qui vous a donné le déclic (pour le BTS et le milieu de l’aéronautique) ?

J’aime bien les avions. A force de voyager avec mes parents (on prend une fois par an l’avion pour aller en Amérique ou en Afrique) et moi je trouvais ça sympa, j’aimais bien. Et quand on est au lycée on nous amène dans des salons d’information et je discutais avec une école je crois et je parlais d’avions. Elle m’a dit : « Regardez celle d’à côté. Ils font des formations en lien avec l’aéronautique » et du coup je suis allée voir. C’était le lycée dans lequel ils faisaient le BTS aéronautique et le professeur m’a raconté comment ça se passait. Après je suis allée voir l’école et ils avaient un hangar avec des avions dedans, on savait qu’on allait faire quelques brefs TP dessus. Quand j’ai vu les locaux et ce qu’on y faisait, je me suis dit « ça a l’air chouette quand même ». Et quand les cours ont commencé, je me suis dit « c’est ça ».

Apprentissage et école d’ingénieurs, c’est possible !

Pourquoi avoir choisi l’apprentissage ?

Pendant mon BTS, j’ai fait 2 stages en première année et en deuxième année qui ont duré 1 mois. Le premier était en fin d’année et il était sympa. J’ai bien aimé être en contact avec des choses réelles. Parce que du coup j’étais dans un centre de maintenance, je touchais des pièces, je voyais des choses qu’on avait vues en cours. Le 2ème stage m’a beaucoup plu parce que j’étais dans un service qui publiait de la documentation technique et là du coup j’ai dû réaliser des documents qui devaient vraiment servir. Et là je me suis dit que je servais vraiment à quelque chose, que je faisais des choses concrètes. Et après je me suis dit que j’allais faire une école d’ingénieurs mais je ne voulais pas rester assise 3 ans sur une chaise. Je me suis dit « ce n’est pas possible, je ne peux pas rester en cours ». Quand j’ai appris que l’apprentissage existait, je me suis dit ça y est, c’est ça que je veux faire. En plus là c’est environ 2 mois en école et 2 mois en entreprise et c’est génial de pouvoir appliquer en entreprise ce qu’on voit en cours et pareil en cours on parle de certaines choses et je me dis : « ah oui j’ai vu ça en entreprise ». C’est génial, moi je trouve ça génial, je ne pouvais pas rester assise pendant 3 ans sur ma chaise, c’était pas possible. Il fallait que je fasse quelque chose, que je me remotive. Parce que ce que je fais là va être utile à des gens, ils vont s’en servir. Ça c’est chouette.

Que vous apporte l’apprentissage ?

Pas mal de connaissances, des connaissances que les gens qui sont en cursus classique ne feront pas parce qu’il y a des choses qu’on apprend directement sur le terrain, que les gens ne vont pas nous apprendre. Par exemple la gestion de projet. En entreprise on aura de vraies dead line, des temps définis et ça c’est compliqué, enfin ce n’est pas pareil qu’en classe.  Et c’est ça qu’on aura en plus.

En apprentissage, vous êtes responsable d’un projet ?

Moi je fais cela maintenant mais normalement ça vient plus tard, en 3ème année peut-être où on est sensé être plus ou moins responsable d’un projet. L’apprentissage dure 3 ans, le temps de la formation à l’école et dans la même entreprise. À la fin il y a ce qu’on appelle un « projet de fin d'études » où est sensé mener un projet à son terme. Là je suis aidée de quelqu’un. En fait ils essaient de me familiariser avec ça donc c’est un mini-projet mais je dois quand même les suivre et je sais qu’il y a des choses à faire.

Avez-vous une option particulière à l’ENAC ?

Il y en a plusieurs mais en tant qu’apprentis, on n’a pas le choix, on a l’option « opérations aériennes et sécurité ».

Si vous deviez conseillez cela à un jeune, que diriez-vous ?

C’est bien parce qu’on découvre un tas de choses, et avec le temps on commence à bien comprendre comment fonctionne les différents systèmes sur lesquelles on est amené à travailler, en plus on est parfois en relation avec direct le client, c’est sympa.  Et  grâce à ce métier on peut interagir avec beaucoup d’équipes différentes et donc rencontrer plein de monde. C’est génial. Ce qui m’intéressait dans ce poste-là c’est que c’est à Airbus. Airbus qui est une très grande entreprise et je sais que déjà sur le cv c’est déjà pas mal et que je peux me « promener » sur le site : je peux aller en bureau d’études, je vais rencontrer des gens. J’ai eu la chance cet été de passer une semaine au centre de livraisons des avions donc j’ai été en contact avec les avions pendant une semaine, j’ai pu regarder comment ça se passait là-bas d’où le fait que j’aime bien. En plus on doit faire 8 semaines à l’étranger (sur les trois années). Moi j’irai à Hambourg (j’ai des origines allemandes), c’est ça qui est bien aussi, on peut aller partout avec Airbus.

La documentation technique chez Airbus

Par rapport à votre poste chez Airbus, quels sont les avantages et les inconvénients du poste ? On va commencer par le commencement, qu’est-ce que vous faites ?

Moi je suis à la documentation technique. Le service ici s’occupe des documents qui permettent de maintenir l’avion en l’état de vol. On fait des AMM (manuels de maintenance), des TSM (Troubles shooting manuel : manuels de recherche de panne), mais aussi des IPC (des catalogues avec des pièces). Moi je suis dans la partie AMM, j’écris de la documentation technique quand il faut la modifier ou qu’il y a un nouvel équipement qui est monté sur avion. Et je réponds aussi au client quand il y a une erreur dans la documentation ou je leur explique quand la compagnie ne comprend pas.

Quelles sont les qualités requises pour exercer cette fonction ? Ou  3 mots ?

Savoir communiquer (en français et en anglais!) parce qu’on communique beaucoup avec le client : avec l’extérieur ou avec l’intérieur, avec le bureau d’études ou plusieurs autres services d’Airbus si on ne peut pas nous-mêmes répondre à la question . Savoir écouter. Savoir manager aussi. Si on travaille en équipe, si on a des projets. Moi par exemple je suis sur un projet, il faut pouvoir diviser le projet, faire en sorte que le travail avance en même temps, faire des réunions pour communiquer comme il faut.

Pourquoi Airbus ?

En fait, quand j’ai postulé pour l’ENAC j’avais aussi postulé pour une autre école en alternance qui s’appelle le CNAM ISAE. Du coup j’avais cherché en avance une entreprise qui recrutait en apprentissage et j’avais postulé chez Safran Helicopter Engines (HE) qui est à côté de Bayonne et là j’avais passé tous les entretiens en avance de phase sans savoir si j’étais prise dans les écoles. Et à un moment donné, Safran HE m’a dit qu’ils me prenaient tout comme l’ENAC. Mais ce qui se passe avec l’ENAC c’est qu’ils envoient tous nos cv aux entreprises qui avaient envoyé une liste de postes sur lesquels ils souhaitaient recruter. Et là c’est Airbus qui m’a appelée après avoir vu mon cv et donc là j’ai dû faire le choix : est-ce que je vais chez Safran HE ou est-ce que je vais chez Airbus ? Je me suis dit : « je vais chez Airbus car je suis plus axée sur les avions, je préfère les avions que les hélicoptères ». Et puis je voulais voir toutes sortes d’avions et j’avais peur de rester coincer sur les moteurs chez Safran.

Si c’était à refaire, que feriez-vous ?

La même chose! Peut-être que j’aurais trouvé un autre poste mais je crois que je suis bien là parce que j’ai une équipe qui est vraiment sympa et qui a des contacts un peu partout donc c’est elle qui m’aide à me balader sur le site.

Femme, ingénierie et aéronautique

Que pouvez-vous me dire sur le fait d’être une femme dans un milieu plutôt masculin ?

C’est particulier. Moi je m’y suis adaptée comme j’ai fait déjà une 1ère Sciences de l’Ingénieur. Dans mon classe on était 3 filles pour 30 personnes donc ça ne faisait pas beaucoup. Et puis on s’adapte évidemment : il y a toujours des petites remarques par-ci, par-là mais c’est comme ça. Faut juste s’adapter et prendre ça avec humour, sans que ça dépasse les limites non plus. Il ne faut pas être féministe non plus mais savoir s’imposer un peu. Après on trouve des centres d’intérêt commun : les avions par exemple. Après j’aime bien les voitures donc je peux bien communiquer aussi. Disons que je n’ai pas vraiment les centres d’intérêt auxquels on pourrait s’attendre pour une fille...

Et l’avenir ?

Demain ou dans 10 ans, où vous voyez-vous ?

Moi je vais dire honnêtement, j’aimerais bien devenir pilote de ligne donc c’est pour ça que j’ai fait mes cours de pilotage. Mais apprendre tout ce qui est technique, ça peut beaucoup aider pour plus tard de toute façon. Avoir un diplôme d’ingénieur c’est si j’ai un problème médical par exemple si je suis pilote ou même en passant les tests pour devenir pilote.

Imprimer

Haut de page

Vient de paraître

Pour
les professionnels