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La mobilité universitaire à l’étranger, pour apprendre autrement

Languedoc-Roussillon - Montpellier / Publication : 10 janvier 2018
Entretien avec Nadia Lagarde, directrice adjointe, Direction des relations internationales de l’Université de Montpellier. Complément du magazine Onisep Plus La mobilité, donner du sens à son projet, février 2018.

mobilité universitaire

Quelles sont les missions d’un service des relations internationales dans une université ?

La mission la plus connue est celle que nous avons dans le domaine de la mobilité étudiante mais nos activités sont très variées. Dans une université, un service des Relations Internationales a pour mission de préparer et de mettre en œuvre la politique internationale de l’établissement tant concernant la formation que la recherche. Voici les domaines dans lesquels il intervient en général.

• Relations extérieures : organisation de missions exploratoires et de rencontres thématiques, relations avec les partenaires internationaux ;

• Formalisation des accords et des conventions de coopération : accords bi ou multilatéraux, conventions de recherche, réseaux thématiques internationaux ;

• Gestion des échanges scientifiques et pédagogiques de l'Université avec les universités partenaires ;

• Mobilité : échanges bi-multilatéraux, mise en œuvre de la politique internationale de l'Université dans le cadre des accords et conventions signées ;

• Programmes européens et internationaux, mise en œuvre de la politique internationale de l'université dans le cadre des différents programmes de mobilité initiés par la Commission Européenne, notamment les programmes européens Erasmus  + ou Horizon 2020 dans ses aspects formation et mobilité,  ou par des organismes extérieurs non européens, comme par exemple BCI - Universités du Québec ;

• Communication relative aux aspects internationaux, valorisation de l’activité internationale de l’université, liaison avec les partenaires extérieurs, tutelles – ministères, Union européenne, collectivités territoriales, réseau CNOUS-CROUS, autres établissements, etc.

Les relations internationales sont par ailleurs responsables de la politique d'accueil de l’établissement en faveur des enseignants-chercheurs et des chercheurs étrangers, de délégations de représentants de partenaires internationaux, et dans le cadre des accords ou des programmes d'échange de celui des étudiants étrangers. Un rôle de représentation leur échoit également par le biais de participation à des réunions nationales et internationales, à des réseaux universitaires. Nous sommes aussi en charge de la diffusion d’appels d'offres internationaux et de l’aide au montage des dossiers de candidature en réponse à ces appels

Pouvez-vous nous en dire plus sur les différents types d’échanges universitaires ?

Les échanges concernent majoritairement les enseignants et les étudiants. Concernant plus particulièrement ces derniers, ils ont la possibilité de partir à l’étranger pour y effectuer des mobilités d’études ou des stages. Afin de faciliter ces mobilités, des programmes d’échanges, dont le plus connu est le programme Erasmus + avec des universités partenaires de l’espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche, ou des conventions bilatérales inter-universitaires sont établis. Ils mettent en relation deux universités, écoles ou instituts de pays différents permettant aux étudiants de s’expatrier pour une durée plus ou moins longue dans un cadre universitaire bien établi. De ce fait, les frais d’inscription dans les structures d’accueil à l’étranger ne sont pas à la charge de l’étudiant en mobilité puisqu’il reste inscrit chez nous, les démarches administratives sont plus courtes, la reconnaissance universitaire de la mobilité, voire l’équivalence de diplôme est prévue grâce à la validation de crédits dans le cadre du système européen de transfert et de capitalisation de crédits ECTS, et l’accès à des aides financières à la mobilité est facilité.

À quel niveau d’études un étudiant peut réaliser un échange universitaire ? Pour combien de temps ?

C’est éminemment variable,  cela dépendra du projet individuel de l’étudiant, de la discipline qu’il étudie, du cadre dans lequel la mobilité s’effectuera. D’une manière générale, les mobilités commencent à être possible à partir de la deuxième année de licence et peuvent se réaliser tout au long du cursus jusqu’au niveau post-doctoral. Quant à la durée, il convient de souligner que pour pouvoir bénéficier de certaines aides financières, il faut que la mobilité dure au moins deux mois, ce qui convient bien pour un stage, par exemple. Pour les mobilités d’études, elles peuvent être d’un semestre ou d’une année universitaire. En tout état de cause, une mobilité ne s’improvise pas : elle doit être réfléchie et préparée. Et les services de relations internationales sont à la disposition des étudiants pour les accompagner dans leur projet. Les enseignants, qui ont souvent un rôle prescripteur, sont également des interlocuteurs pour les étudiants dans cette phase de préparation.

Quels sont les avantages d’un échange universitaire pour l’étudiant ? Et pour l’université ou les personnels ?

Concernant les étudiants, le premier auquel on pense est le perfectionnement linguistique. Mais au-delà d’une langue étrangère, une mobilité universitaire à l’étranger, c’est aussi apprendre autrement. Dans un contexte général de mondialisation, un parcours international est un plus qui pourra être valorisé au moment de l’insertion professionnelle.

« Et vivre à l’étranger permet de découvrir une nouvelle culture, de faire preuve d’autonomie, de curiosité intellectuelle et d’ouverture d’esprit, d’adaptation et d’ingéniosité parfois. »

Cela permet, en plus d’acquérir des compétences universitaires, de développer des compétences non formelles. D’expérience, on constate qu’une mobilité internationale a souvent participé à un épanouissement personnel.

Pour ce qui est de l’université, la mobilité internationale des personnels, qu’il s’agisse des enseignants, des enseignants-chercheurs, des chercheurs comme des personnels administratifs et techniques, est indispensable pour la création de partenariats internationaux qui régissent les échanges à l’université et de réseaux de coopération qui sont la plupart du temps à l’origine des accords universitaires signés qui permettent les échanges d’étudiants, la coopération internationale sur des projets de recherche, les co-tutelles de thèses, les missions d’enseignements à l’étranger ou le développement de programmes de double diplomation. Outre la mise en pratique des acquis d’une formation linguistique ou d’un perfectionnement de ces acquis, cette mobilité est un levier de l’internationalisation d’un établissement mais aussi de sa politique de ressources humaines en ce qu’elle permet l’acquisition de connaissances ou de compétences pratiques pouvant servir dans l’activité des personnels et dans leur développement professionnel ainsi que la connaissance de bonnes pratiques universitaires européennes ou internationales.

Qu'est-ce qu'une année de césure ?

La césure, qui n’est pas une année sabbatique car elle est régie par des textes, s’entend comme étant une période d’une durée maximale représentant une année universitaire pendant laquelle un étudiant, inscrit dans une formation d'enseignement supérieur, la suspend temporairement dans le but d'acquérir une expérience personnelle, soit de façon autonome, soit au sein d'un organisme d'accueil en France ou à l'étranger. Il faut en faire la demande et c’est la responsabilité de l’établissement d’enseignement supérieur qui va accorder ou non la césure, en fonction des critères qu’il aura fixés et publiés.

Quelles sont les aides financières que l’on peut obtenir dans notre région ?

Les étudiants inscrits dans les établissements d’enseignent supérieur partenaires de la Région Occitanie peuvent bénéficier, outre des dispositifs européens, comme les allocations Erasmus + ou nationaux, comme l’aide à la mobilité internationale du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation destinée aux boursiers sur critères sociaux, du dispositif régional de soutien à la mobilité étudiante. Pour constituer un dossier de demande d’aide financière, qui ne couvrira cependant qu’une partie des frais engendrés par un séjour à l’étranger, je ne saurai trop insister sur la nécessité de se rapprocher des relations internationales de l’établissement d’inscription pour connaître les dispositifs existants, les critères, modalités et calendriers de dépôt des demandes de financement.

Propos recueillis par Fabrice Villière, chargé de projet mobilité internationale, CRIJ Occitanie.

 

Les étudiants bénéficient de 12 mois de mobilité Erasmus  +, études et/ou stages, par cycle d’études (licence, master, doctorat).

  • Pour les étudiants en situation de handicap, il existe une carte interactive qui recense les différents niveaux d’accessibilité des universités, des campus et des centres villes en Europe.
  • Pour partir individuellement, il faut trouver un établissement et s’inscrire. Les modalités d’inscription diffèrent selon les établissements et les pays.

Informez et préparez-vous à d’éventuels examens d’entrée :

www.euroguidance-france.org

www.studyportals.com

www.umultirank.org

http://ec.europa.eu/ploteus

http://whed.net

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Faire reconnaître vos diplômes

Le réseau ENIC-NARIC peut vous délivrer une attestation qui vous aidera à faire reconnaître vos diplômes. Toutefois, l’établissement d’accueil est souvent le seul à évaluer la valeur de votre diplôme, et donc à décider de vous inscrire ou pas. Un conseil : commencez les démarches (dispenses d’études, attestations, traductions de diplômes...) un an à l’avance.

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Les étudiants qui suivent un cursus d’ingénieur ou de vétérinaire dans une école de l’enseignement agricole supérieur peuvent participer à un échange, pendant un ou deux semestre(s), dans une université brésilienne ou argentine partenaire de leur école. Ils bénéficient d’une bourse prenant en charge leurs frais de voyage.

Voir auprès du service des relations internationales de l’établissement. http://agriculture.gouv.fr

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