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Les métiers de l’automobile recrutent !

Languedoc-Roussillon - Montpellier / publication : 13 octobre 2017
Pour les filles comme pour les garçons, des métiers sont en tension dans le secteur de l‘automobile. Et pour celles et ceux qui doutent que les métiers de l’auto sont passionnants, lisez jusqu’au bout l’interview d’Ana, technicienne mécanicienne !

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Des secteurs particulièrement dynamiques et qui évoluent avec la société

L’enseignement de la sécurité routière et de la conduite

Ce secteur est particulièrement dynamique, en termes d’emplois. En effet, c’est celui qui progresse le plus au sein de la branche des services de l’automobile.

L’activité principale des écoles de conduite reste la formation au permis de conduire. Cependant, les écoles de conduite se diversifient et proposent de nouveaux services tels que la formation pré et post permis (sensibilisation à la sécurité routière dans les établissements scolaires, stages de perfectionnement et d’éco-conduite auprès des salariés, etc.). Ainsi l’apprentissage de la conduite s’oriente de plus en plus vers une éducation à la sécurité routière et à la prévention des risques routiers, et ce tout au long de la vie des citoyens.

Qu’est-ce qui soutient ce dynamisme ? L’évolution démographique entraine une augmentation du nombre de candidats au permis de conduire. De plus, la réforme du permis et les évolutions règlementaires ont permis d’augmenter le nombre de passages aux examens théoriques et pratiques.

Voir le clip métier Moniteur d’auto-école sur le site des 100 métiers

 

La carrosserie automobile est un des secteurs qui recrutent le plus dans la branche des services de l’automobile. Confronté à un marché ralenti par la baisse du nombre d’accidents et des véhicules modernes plus difficilement réparables, ce secteur s’est fortement restructuré ces 15 dernières années. Les entreprises de carrosserie diversifient leurs activités en développant la carrosserie rapide mais aussi des interventions « hors carrosserie » et « hors assurance ». Pour proposer des prestations en dehors d’un sinistre, elles sont amenées à développer des compétences tertiaires (relation clientèle, marketing, etc.).

 

Des besoins forts en…

L’agence nationale des métiers de l’automobile recense des besoins forts de recrutements pour les techniciennes, mécaniciennes, techniciens mécaniciens de maintenance de véhicules particuliers, ainsi que des mécaniciennes, mécaniciens moto.

Les carrossières, carrossiers peintres font également partie des métiers les plus recherchés dans le secteur.

Voir les clips métiers :

Dépanneuse-remorqueuse, dépanneur-remorqueur est aussi un métier en tension qui fait appel à 3 facteurs clé : des compétences en mécanique, la possession du permis C et une proximité géographique immédiate du lieu de résidence.

 

Le témoignage vivifiant d’Ana, technicienne mécanicienne diéséliste 

Ana nous a ouvert les portes de son atelier un peu particulier de Tournefeuille (31). Il règne dans cet espace partagé entre voitures capots ouverts et plantes vertes une atmosphère de calme et de sérénité.

Pour Ana, la mécanique c’est un poème !

« Tout un art qui se pratique avec tous les sens. Un moteur, on le regarde, on l’écoute, on le sent et on le ressent ! L’important c’est l’harmonie du son du moteur : c’est passionnant ! On dit souvent de moi que quand je regarde sous le capot, tout est simplifié. Mais c’est comme ça que je le vois parce que c’est magique ! Moi j’ouvre, je touche, je cherche, je regarde et c’est ce que j’essaie de transmettre aux jeunes. Pourquoi aller chercher sur la roue arrière lorsqu’on entend un bruit à l’avant ? Il faut observer et discuter avec le client parce que c’est souvent là que commence le diagnostic. Il se poursuit dans l’atelier mais souvent on se rend compte que c’est vrai !

Je n’ai pas choisi la mécanique, depuis toujours ; elle était en moi. J’ai grandi dans les odeurs de cambouis ! Mon grand-oncle avait un garage et parfois j’allais lui laver les pièces… J’ai trouvé magique tout ce qu’il faisait. C’est une passion ! J’ai toujours aimé voir comment une machine avance, ce qu’est un piston, une boîte à vitesse et comment l’ensemble fonctionne. Je suis toujours curieuse de voir ce que devient la mécanique. Je suis les évolutions par internet et reçois toutes les modifications et nouveaux modèles par magazines. Je préfère lire ça qu’une revue de mode !

Je suis issue d’un pays étranger, d’un village assez humble et pauvre alors du moment que l’on travaillait peu importe ce que l’on choisissait. Faire des études était très compliqué, il fallait aller jusqu’à la capitale. C’était impossible. Alors j’ai choisi les cours du soir en travaillant. J’ai obtenu un bac pro mais arrivée en France, il a fallu que je repasse tout. À mes collègues hommes on n’a rien demandé mais moi oui, il a fallu que je fasse mes preuves. Avec le temps et parce que j’aime mon métier, je me suis fait accepter, voire aimer pour ma spécificité. Avant j’étais plus angoissée : dès qu’une clé tombait par terre tout le monde levait la tête ! Mes collègues pouvaient faire tomber un moteur par terre et personne ne se retournait mais une clé de ma part… ouh la la, ce n’était pas pareil ! Je rentrais dans un monde où on n’était pas habitué à ce qu’il y ait une femme. Les toilettes, les vestiaires, rien n’était prévu pour les femmes. Je suis très contente d’avoir collaboré à faire avancer toutes ces choses-là, ces représentations aussi parce que la mécanique c’est quelque chose de très fin.

Ici il y a quelques filles qui viennent apprendre la mécanique parce que je suis une femme. Souvent je leur réponds qu’il faut aller partout. Si on prouve son sens des responsabilités, son sérieux, on sera accepté par tout le monde. J’ai accompagné plusieurs filles et j’ai repéré qu’elles ont tendance à s’appuyer plus sur leurs collègues. Pourtant elles ont les mêmes capacités, il faut qu’elles apprennent à se faire confiance. Les filles, malgré leurs capacités, des qualités en termes d’organisation, culpabilisent plus vite, doutent plus facilement. C’est peut-être parce que c’est un monde d’hommes encore… On est plus sensibles alors que les garçons, sûrs d’eux, vont aller plus vite et parfois c’est leur erreur.

Pour être mécanicien automobile il faut, avant tout, être débrouillard et manuel, ne pas avoir peur, on apprend en faisant des erreurs. J’essaie de transmettre aux jeunes l’amour de la mécanique et surtout le fait d’être libre. Être libre, c’est savoir travailler, avoir son argent de poche, respecter l’employeur, le lieu de travail et soi-même. La mécanique ça m’a ouvert plein d’horizons, je me suis battue pour continuer et aujourd’hui je suis plus sereine. Je me sens responsable de ces jeunes. Je suis contente quand ils obtiennent leur bac pro et je les encourage à continuer, à persévérer. Quelque part je grandis avec eux ! Je suis fière de voir les jeunes qui partent d’ici avec une base plus sûre et une grande confiance en eux. Ce n’est pas un métier facile, le froid, le chaud et puis ici je n’ai pas les commodités des grands ateliers mais je compense par le respect et l’amour. Je suis fière de ce qu’ils sont !

Dans 10 ans je me vois avec mon sac à dos monter le Machu Picchu mais surtout j’espère pouvoir continuer à conseiller les gens et transmettre mes connaissances ! »

Propos recueillis par Célia Perrin, Onisep Occitanie site de Toulouse.

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