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Je suis analyste principale en développement des affaires - Jessica CORNELUS - 31 ans

Martinique - Fort de France / publication : 26 juin 2015
Pour ce 10ème épisode de Profils de Carrière, embarquement immédiat vol Air Canada, Jessica CORNÉLUS nous accueille à MONTRÉAL. Point de départ : Baccalauréat Économique et Social au lycée Joseph ZOBEL de Rivière-Salée, Jessica est passée par Toulouse, Londres, Bangkok et maintenant Montréal où elle exerce le métier d'analyste principale en développement des affaires.

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NOM :Cornelus                                      PRENOM :Jessica

ÄGE : 30 ans                                  VILLE : Montréal (Québec)

 

Quel métier exercez-vous ? 

Je suis analyste principale en développement des affaires pour une compagnie d’assurance de personnes au Canada, à Montréal (Qc), et plus précisément dans les régimes de retraite et d’épargne collectifs.

Mon mandat consiste à développer des stratégies marketing et des outils de communication pour les commerciaux et les courtiers externes afin de les soutenir dans leurs activités de prospection. Je crée également des formations sur les régimes d’épargnes et retraite collectifs adressées aux courtiers, qui sont parfois plus familiers avec d’autres types des produits financiers et souhaitent se diversifier.

 

Présentez sommairement l’entreprise dans laquelle vous travaillez ?

Il s’agit d’une compagnie de services financiers offrant aux entreprises des régimes d’assurances collectives (couverture santé, dentaire, médicament…etc), des plans d’épargne et de retraite, mais également des produits d’assurance individuelle (assurance vie par exemple) et autres produits d’investissements.

Nous sommes environ 2000 employés au Canada. Le siège  social est  situé à Edinburg (au Royaume Uni). Toutefois, pour donner un peu de contexte, la branche Canadienne a été rachetée par une plus grosse compagnie, un concurrent direct très important, qui recherchait à se développer dans la province du Québec. La nouvelle compagnie offre  également des services financiers mais à plus grande échelle, ce qui apporte des perspectives de développement pour les affaires bien sûr et également de nouvelles opportunités de carrières pour les employés.

 

Quelles études/formations avez-vous suivies pour accéder à ce métier ? 

Après l’obtention de mon bac ES au Lycée Joseph Zobel à Rivière-Salée, j’ai suivi un DUT en gestion des entreprises et des administrations à l’IUT de Ponsan Paul Sabatier à Toulouse. Cela m’a donné une vue d’ensemble sur les différents domaines de l’entreprise, et ça m’a aussi permis de cibler un peu mieux la suite de mes études.

L’année suivante, je suis partie étudier à Londres, à London South Bank University afin de préparer un Bachelor Business Administration avec une spécialisation en Marketing (c’est à peu près un niveau Licence). Suite à cela, j’ai souhaité poursuivre dans un Master en marketing International. Ce cursus me permettait de faire mon premier semestre en Thaïlande à Bangkok… nouveau pays, nouvelles rencontres… j’ai sauté sur l’occasion.

En 2008, j’obtenais mon Master et je comptais bien m’arrêter là… malheureusement face la conjoncture économique cette année-là, et mon manque d’expérience professionnelle, je peinais à trouver un premier emploi.

J'ai donc décidé de reprendre les études cette fois-ci à Paris dans un programme en alternance. À Sup de Pub, j'ai passé un nouveau master en Communication et je travaillais parallèlement 3 jours par semaine dans une agence de publicité. 

 

Quel a été votre parcours professionnel pour accéder à ce métier ?

Le programme en alternance que j'ai suivi à « propulser » ma carrière.

J'ai travaillé pendant 3 ans au sein de cette agence de pub, en tant qu'Assistante marketing. Toutefois, mon envie de voyager et d'aller vivre à l'étranger ne m'a pas quittée et je me suis rendue compte que les opportunités professionnelles "pour moi" à Paris ne seraient pas à la hauteur de mes attentes. En 2010, je décide de tenter ma chance au Canada. Après avoir complété toutes les démarches d'immigration, je quitte la France et m'installe à Montréal.

Mes recherches d'emploi ne sont pas faciles,  mais je réussi à me faire embaucher en tant que coordinatrice en ressources humaines et communications. Ce poste est un peu éloigné de mon domaine d'études, mais c'est surtout la taille et la réputation de la compagnie qui me font accepter cette offre (la curiosité aussi). J'apprends beaucoup en un an et surtout je tisse petit à petit mon réseau à l'interne. Mon objectif est de me faire reconnaître pour mes compétences et trouver à terme une position plus en adéquation avec mes aspirations.

Deux ans plus tard, je deviens analyste principale en développement des affaires. L'équipe que j'intègre a besoin d'un marketeur pour développer des outils de vente.... me voici me voilà!

 

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Ce métier était-il votre objectif dès le collège ? Le lycée ? Après le bac ? Au cours de votre parcours professionnel ?

Pas de tout! Toutefois, le marketing m’est apparu comme un domaine assez varié pour trouver des emplois très différents. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi cette spécialité. Ce n'est qu'au fil de mes expériences professionnelles et de mes rencontres que je me suis fixée des objectifs à court ou à moyen termes. J'ai du mal à planifier sur 5 ou 10 ans...

La vie est pleine de surprises, il faut se lancer, oser certaines choses, pour tomber sur une éventuelle opportunité et par la suite évaluer si c’en est une bonne, une moyenne ou une mauvaise! Ce n’est peut-être pas la meilleure pratique, mais c’est ma philosophie, et ça m’a plutôt réussi jusqu’ici.

 

Conseilleriez-vous la filière de formation que vous avez suivie ? Pourquoi ?

Absolument! Toutes les entreprises, de toutes les industries, de toutes les tailles, font du marketing… Le marketing est partout. Même dans un entretien d’embauche vous faites du marketing… de vous-même.

Ce qu'il y a d'intéressant aussi c’est que les pratiques évoluent constamment : on ne peut pas s’ennuyer. Maintenant avec les nouvelles technologies et les nouveaux média, le marketing en ligne ou digital a un très bel avenir devant lui. Un professionnel qui n'est aujourd'hui pas familier  avec le marketing digital se fera rapidement distancer par la concurrence. Ce n'est pas une science exacte, mais un domaine dynamique et parfois même expérimental. « C’est l’fun ! » comme on dit au Québec.

D’autre part, je dois admettre aujourd'hui avec le recul que c'est plus mon audace, mon ouverture d'esprit et mon goût pour l'aventure qui m’ont guidé dans ma carrière... plus que mes nombreux diplômes. Les études ouvrent des portes, c'est indéniable, mais c'est vous et comment vous agissez et les choix que vous faites qui font que vous passerez ces portes.

 

Conseilleriez-vous l’organisme de formation que vous avez fréquenté ? Et pourquoi ?

Les écoles que j'ai fréquentées sont toutes excellentes. Les ambiances sont tout de même un peu différentes, entre établissements publics (IUT à Toulouse) ou privés (London South Bank et Sup de Pub).

Je préconise toutefois les études en alternance, qui combinent la pratique et la théorie. Mais en marketing, il faut garder à l’esprit qu’on est toujours en apprentissage même après les études. Si on s’arrête, on est vite dépassé.

D'autre part, j'encourage tout le monde ayant la possibilité de le faire, à étudier à l'étranger, non seulement pour apprendre ou améliorer son niveau dans une autre langue, mais aussi pour l'ouverture d'esprit que cela apporte et les rencontres qu'on n’aurait jamais faites autrement. Combiner ses diplômes à un bon réseau de personnes c'est un ticket vers la réussite!

 

Quelle a été la plus grosse difficulté rencontrée pour accéder à ce métier ?

Pour moi ce poste, je ne l'ai pas obtenu juste parce que j'avais les compétences requises, mais aussi parce que j'ai réussi à me faire connaître dans une grande entreprise. J’ai été patiente, et je suis restée pendant 2 ans à un poste bien en dessous de mon potentiel et de mon ambition. Je pense qu’il faut parfois passer par là pour arriver à son but.

On veut souvent sortir de l’école et décrocher le poste de nos rêves et gagner un salaire confortable. Mais il faut faire ses preuves, tisser des liens de confiance et repérer les personnes qui pourraient nous former ou devenir notre « mentor ». Cela est d’autant plus difficile quand on vient d’un autre pays. Être patiente a été ma plus grosse difficulté. Ce n’est pas dans ma nature, mais je savais que mes efforts seraient récompensés … à un moment donné.

 

Quelles qualités sont nécessaires pour exercer ce métier et suivre ces études ?

La curiosité, la polyvalence, la créativité et de plus en plus la maîtrise des nouvelles technologies sont des qualités qui me viennent tout de suite à l’esprit.

Comme je le disais un peu plus haut, le marketing n’est pas une science exacte, et les disciplines sont très variées : qu’il s’agisse de collecter des informations auprès d’une certaine population afin d’en tirer des statistiques et des recommandations, qu’il s’agisse de définir une stratégie ou un plan marketing pour attiser l’intérêt de potentiels clients, qu’il s’agisse de rédiger du contenu pour les médias sociaux, qu’il s’agisse d’identifier la meilleure audience pour un produit spécifique… les possibilités de carrière en marketing sont innombrables, et vont continuer d’évoluer avec la technologie.

Au cours de mes études et de mes emplois, j’ai aussi réalisé qu’en plus de ces qualités citées plus haut, il faut être bien conscient qu’on n’a jamais fini d’apprendre et qu’il faut rechercher de nouvelles idées et concepts constamment. Ça ne tombera pas du ciel. Il faut être proactif.

 

Abracadabra ! Nous sommes en 2025, il se passe quoi dans votre vie professionnelle ?

Cette question est plutôt drôle, j'ai du mal à planifier ma vie sur plus de 5 ans!!! Mais me connaissant, je pense que je ferai surement quelque chose de différent. Mon expertise en marketing me servira où que j’aille, même dans l’entrepreneuriat. Donc pourquoi pas gérer ma propre entreprise ? Dans un domaine qui me passionne : la mode.

 

Racontez une anecdote personnelle liée à vos fonctions ou à votre formation.

Après 2 ans en tant que coordinatrice aux Ressources humaines et communications, j’étais frustrée par ma situation professionnelle. Je voulais de nouvelles responsabilités et un nouveau poste plus stimulant. Ç’en était devenu une obsession. J’ai alors décidé de tenter le tout pour le tout …et j'ai voulu supprimer mon propre poste!!Pourquoi ? D’une part parce que je voulais du changement dans ma carrière, et d’autre part parce que je voulais prouver comment je pouvais mettre mes capacités stratégiques au profit de la compagnie.

J’ai identifié comment les tâches de ce poste pouvaient être soit automatisées, soit redistribuer à d’autres sans que cela n’implique une surcharge de travail trop importante, et j’ai démontré les avantages que la suppression du poste engendreraient. Parallèlement, mes collègues ont parlé de moi et de mon projet à travers l’organisation.

Le bouche à oreille a fonctionné, puisque quelques jours avant la fin de mon contrat, une des directrices en développement des affaires a voulu me rencontrer et m’a proposé un poste dans son équipe. Cela fait maintenant 1 et demi que je travaille avec elle, j’aime ce que je fais, et ce ne serait peut-être pas arrivé si je n’avais pas pris un si gros risque...calculé!

 

Merci à Jessica pour sa participation! 

 

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